Le coup de grâce de l’industrie FrançaisE

L'industrie représente encore la moitié des exportations françaises. En 2021, elle emploie 2,7 millions de personnes et réalise un chiffre d'affaires de 870 milliards d'euros. L'inquiétude est que la part de l'industrie manufacturière dans le PIB diminuera à nouveau d'un facteur 2 ou 3, avec des conséquences prévisibles.

Entre le début des années 2000 et 2019, la part manufacturière de la France dans le PIB est passée de 23 % à 10 %. Par la suite avec la crise sanitaire cela a encore légèrement baissé, sous le seuil de 10 %. Malheureusement, à moins d’un sursaut très improbable, trois événements récents pourraient le détruire complètement.

Mauvaise maîtrise des dépenses énergétiques

La consommation d’énergie en 2021 dans l’industrie a augmenté de 7%. Mais il n’a, pour autant pas rattraper son niveau d’avant la crise sanitaire de 2020. Parallèlement à cela la facture énergétique a très fortement augmenté en 2021 (+46%). C’est ce que révèle une récente étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

Lorsque les impôts sont parmi les plus élevés au monde et que les coûts de l’énergie sont cinq fois plus élevés qu’aux États-Unis, il n’est pas surprenant que pour les entreprises de production capables, la délocalisation soit non seulement souhaitable, mais nécessaire à la survie. Si cette délocalisation prend un certain temps, l’abandon, petit à petit, de projets sur notre territoire est immédiatement constaté, par exemple certaines de nos grandes entreprises industrielles : Safran, Saint-Gobain, Solvay qui ont annulé des projets français ou européens pour les exécuter aux États-Unis. Ces dernières années nous voyons un très fort rebond des échanges des capitaux allant de la France vers les Etats-Unis, ce qui illustre très bien ce dernier constat.

Forte inflation, mais faible compétitivité.

Les retombés économiques de la guerre qui se déroule en Ukraine et les contre coups de la crise sanitaire nous place dans une période de très forte inflation.

Cette situation est amenée à s’aggraver avec une nouvelle loi récemment votée par le Congrès américain : l’Inflation Reduction Act, qui augmentera encore l’attractivité du secteur industriel américain en apportant des subventions directes à l’installation d’usines et une aide aux consommateurs qui en ont besoin.

Le président Emmanuel Macron menace de faire de même en Europe, mais cela pourrait conduire à une guerre protectionniste et ses propos passent surtout pour velléitaires. Il serait mieux inspirer sans doute d’aligner (c’est-à-dire « baisser ») les prélèvements obligatoires sur les niveaux de nos voisins allemands, ce qui, à terme, pourrait rendre le pays compétitif et durable !

L’enjeu de la taxe carbone = le suicide de l’Europe

Comme si ces obstacles ne suffisaient pas, l’Europe vient de décider unilatéralement d’imposer une taxe carbone.

Ce n’est peut-être pas une mauvaise idée, mais malheureusement deux conditions ne sont pas remplies :

  • Elle doit s’appliquer à tous les pays confrontés au risque de double pénurie, mais surtout d’inflation, puisque les consommateurs en paieront le prix. Donc, à moins que nous puissions produire à faible coût en Europe, nous allons avoir des années d’inflation. C’est possible dans certains pays d’Europe de l’Est, mais pas en France due à son environnement fiscal et administratif.
  • La taxe doit s’appliquer à tous les produits, des matières premières aux produits finis. Malheureusement, ce n’était pas le cas du projet européen, initialement limité aux matières premières : acier, ciment, engrais, aluminium et électricité.

L’exemple d’un couteau entendu sur Les Experts, animé par Nicolas Doze, image le réel problème de cette taxe : Si un couteau entièrement en acier était fabriqué en France à partir d’acier importé, une taxe carbone s’appliquerait. S’il est produit à l’étranger, il ne sera pas taxé.

Il ne serait donc pas étonnant que le Laguiole soit uniquement fabriqué en Chine. Cette décision, applicable à partir de 2026, est l’apogée de nos penseurs européens qui ont trouvé l’arme ultime pour atteindre le « zéro émission de CO2 » : c’est le suicide collectif de l’Europe !

Conclusion :

L’industrie représente encore la moitié des exportations françaises. En 2021, elle emploie 2,7 millions de personnes et réalise un chiffre d’affaires de 870 milliards d’euros. L’inquiétude est que la part de l’industrie manufacturière dans le PIB diminuera à nouveau d’un facteur 2 ou 3, avec des conséquences prévisibles.

Le gouvernement met en place de nombreuse mesure pour aider les industries face à la forte augmentation des couts, notamment ceux liés à l’énergie. Par exemple le dispositif d’aides aux entreprises (mesure de soutien au paiement des factures d’électricité (bouclier tarifaire…).

De nombreuses Industries vont donc disparaître ou se délocaliser ce qui va entraîner sur le long terme une disparition de notre savoir-faire français et le rendre de moins en moins compétitif.

Nos élus (nationaux et européens) entonnent notre requiem industriel.

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